À deux mois de son départ, Guterres dénonce un monde où la force l’emporte sur le droit

C’est un avertissement aux puissants, prononcé dans un lieu où l’on se penchait déjà, il y a cinq siècles, sur les limites de leur pouvoir. Vendredi, à l’université de Salamanque, dans l’ouest de l’Espagne, M. Guterres a dénoncé la dégradation d’un ordre international fondé sur le droit, désormais menacé par le retour de la loi du plus fort.

« Le recours illégal à la force se banalise. Les frontières sont redessinées par les armes. Trop d’États appliquent le droit international à la carte », a déploré le diplomate portugais, venu recevoir un doctorat honoris causa dans cette institution fondée au XIIIe siècle. 

De l’Ukraine au Soudan, de Gaza au Yémen, les populations civiles paient le prix de cette dérive, tandis que l’impunité encourage de nouvelles violations. « La Charte établit la même règle pour tous : respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de chaque État. Sans exception. Sans deux poids, deux mesures », a insisté M. Guterres, dont le second mandat en tant que chef de l’ONU s’achèvera le 31 décembre.

Le droit contre la puissance

Le choix de Salamanque n’avait rien d’anodin. Il y a cinq siècles, le théologien Francisco de Vitoria y enseignait les principes qui allaient faire de lui l’un des précurseurs du droit international.

Au XVIe siècle, alors que l’Espagne étendait son empire colonial, Vitoria défendait le droit des peuples autochtones d’Amérique à disposer de leurs terres et à se gouverner eux-mêmes. Une pensée traversée de contradictions, a reconnu Guterres, mais dont il a retenu un principe : le pouvoir doit être soumis au droit.

Cinq siècles plus tard, cette exigence demeure largement insatisfaite. « L’impartialité ne signifie pas la neutralité face aux violations de la Charte », a-t-il rappelé.

Son constat dépasse les champs de bataille. Le Conseil de sécurité, chargé de préserver la paix, reste selon…

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Auteur: Nations Unies FR