Nourredine est assis devant la façade en bois du Village 2 santé, un centre de soin communautaire, au milieu des tours. L’homme tient son café de la main droite, dont le pouce est tordu. L’horizon est bordé de montagnes. Nous sommes dans un quartier populaire du sud d’Échirolles, le Village 2, en périphérie de Grenoble. L’agent de sécurité s’est blessé en tentant d’attraper un homme. Malgré trois opérations, il n’a pas récupéré l’usage de son doigt. Après l’accident, il a demandé à son patron de le laisser travailler et a vite repris son poste. « J’ai une famille à nourrir », lui a-t-il dit.
Nourredine se souvient avoir été intrigué par l’ouverture du centre de santé, il y a quelques années. Une nouveauté dans ce quartier qu’il a toujours connu et où il a vu « certaines tours se construire », des amis « naître et mourir », la MJC ouvrir puis fermer. Il fut même un temps où des personnes âgées y jouaient aux boules avant de prendre l’apéro. Aujourd’hui, « des commerces ont fermé » et les gens ne jouent plus à la pétanque. « C’est peut-être pour ça que le quartier ne va pas bien », lâche-t-il en haussant les épaules. Il boit d’un trait le fond de sa tasse et entre dans le bâtiment.
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À l’origine du centre de santé, il y a une bande de cinq amis qui se sont rencontrés durant leurs études de médecine. Tous se souviennent des stages à l’hôpital, de l’importance de la hiérarchie, de la maltraitance institutionnelle, de la non-prise en compte des inégalités dans le soin. Eux voulaient faire de la médecine autrement. Une façon d’exercer plus « politique » qu’ humanitaire ».
Les cinq…
Auteur: Pauline Migevant

