C’est une décision qui pourrait constituer un dangereux précédent. Mercredi 24 janvier, le directeur de l’information de France Télévisions, Alexandre Kara, a demandé à ses équipes de « faire une pause » dans leurs investigations sur les responsables politiques avant les élections européennes du 9 juin. Cette décision est justifiée par la volonté de prioriser les émissions de débat pour la couverture politique et par un souci de respect du pluralisme. Une explication qui irrite en interne : ce choix, qui concerne « Complément d’enquête », « Envoyé spécial » et « 13 h 15 », a suscité un vif émoi au sein de la rédaction. Plusieurs journalistes dénoncent un marché de dupes.
Des responsables politiques menaceraient de boycotter les émissions telles que « L’Événement » : une forme de chantage à laquelle la direction de France Télévisions aurait cédé. Pour la Société des journalistes de la rédaction nationale de France Télévisions, « interrompre ces enquêtes, c’est céder au chantage de celles et ceux qu’elles dérangent ». De son côté, Serge Cimino, délégué du Syndicat national des journalistes, juge « incompréhensible » le lien établi par la direction entre le journalisme d’investigation et une crainte pour la bonne tenue du débat démocratique. Par cette décision, le groupe audiovisuel envoie donc le signal d’une mise en concurrence entre l’enquête et le débat politique, alors que leur cohabitation constitue l’un des indicateurs d’une démocratie saine.
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Auteur: Politis

