Un crachin londonien arrose la base nature de Fréjus, en ce mercredi de décembre, sans impressionner les dizaines d’adolescents venus d’ailleurs dans le Var et des Alpes-Maritimes pour un cross intercollèges. Ils et elles s’échauffent sous la haute structure de l’espace Caquot, immense hangar datant de 1935. Sur cette ancienne base militaire aéronautique, on vient courir, marcher, pédaler ou flâner. Les espaces naturels – pelouses, pinède, étangs ou marécages – occupent près de 80 hectares, parmi lesquels une zone Natura 2000 et une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. On y trouve aussi des jeux pour enfants, un skatepark, des pistes cyclables et des terrains de sport. Mais la précieuse base nature, bordée par la Méditerranée, risque pourtant d’être grignotée par le béton.
Cédé par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus pour 45 millions de francs en 1995, le site de 135 hectares en bord de mer est devenu un « poumon vert » sur une Côte d’Azur très bétonnée. « C’est un lieu de liberté unique », s’émerveille Daniel Truong, en regardant les adolescents s’élancer pour un long tour de piste. Comme de nombreux Fréjusiens, cet ingénieur en génie civil à la retraite s’inquiète de possibles nouvelles constructions, qui risqueraient de dénaturer l’ancienne base aéronautique.
Un hôtel de luxe, un projet approuvé par les élus RN, pourrait voir le jour sur la base nature de Fréjus. Le « jardin méditerranéen » (en photo) pourrait être partiellement détruit et privatisé au profit de l’hôtel.
© Jean de Peña
Un hôtel de luxe pourrait en effet y voir le jour d’ici quelques années. Le 27 novembre dernier, le conseil municipal de Fréjus, ville dirigée par le Rassemblement national (RN), a approuvé la…
Auteur: Jean de Peña, Nina Hubinet


