À Fukushima, « on oublie la radioactivité, puis on se rappelle ; cela s'efface puis cela revient »

Quinze ans après la catastrophe de Fukushima, au Japon, le bilan est lourd : 3 810 personnes sont mortes, les cancers et maladies chroniques se multiplient parmi les survivants, sans lien scientifique direct officiellement reconnu. Environ 160 000 personnes ont été forcées d’évacuer des localités voisines de la centrale à la suite du désastre.

D’autres habitants de « zones grises », où la contamination n’était pas jugée suffisante pour qu’ils quittent leur territoire, sont restés. Comment vivre sur une terre aux rayonnements invisibles et dangereux ? Sophie Houdart, anthropologue et directrice de recherche au CNRS, a suivi pendant plusieurs années une famille d’agriculteurs à Tōwa qui tente de « faire avec » de faibles doses de radioactivité.

Son enquête, parue en janvier sous le titre Ce territoire qui, comme une pulsation… (Les Éditions des mondes à faire), est un ouvrage sensible et incarné qui rend compte du bouleversement de la vie provoqué par la contamination radioactive.


Reporterre — Comment naît cette enquête ?

Sophie Houdart — Quand survient la triple catastrophe du 11 mars 2011, séisme, tsunami et accident nucléaire, je me sens démunie, sans préparation ni pour le nucléaire, ni pour la catastrophe elle-même. Mais ma formation en anthropologie des sciences et des techniques me pousse à enquêter sur les instruments de mesure de la radioactivité, devenus essentiels pour le gouvernement, les communes et les habitants, pour comprendre ce qui leur arrive.

Lors de mon premier retour au Japon après la catastrophe, je m’efforce de cartographier tous les dispositifs  : des instruments de monitoring installés dans l’environnement, hérités de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’aux compteurs Geiger, moins sophistiqués technologiquement mais plus proches du corps.

Comment a évolué l’utilisation de ces instruments de mesure ?

Dans les premières années après la…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Émilie Massemin

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com