Et soudain, la réconciliation. Après des semaines de guerre, la gauche a su se retrouver dans un café toulousain pour annoncer sa toute nouvelle amitié. Le socialiste François Briançon et l’insoumis François Piquemal ont scellé, en une nuit, un « accord de gouvernance commun ». Au mélenchoniste la mairie, au socialiste la métropole.
Un programme partagé a même été signé, un projet « dans lequel les points qui faisaient obstacle ont été levés ». Petit miracle. Le candidat du parti au poing et à la rose a évacué toute ambiguïté : « Quand on est de gauche, on rassemble la gauche. » Mathématiquement, ils se retrouvent ainsi en capacité de détrôner Jean-Luc Moudenc, l’homme qui règne en maître depuis presque douze ans sur la préfecture d’Occitanie. D’ailleurs, en 2020, le même scénario d’une gauche majoritaire en voix au premier tour n’avait pas permis de l’emporter au second tour. Prudence, donc.
Partout dans le pays, des accords se sont multipliés. Des mariages de convenance causés par deux dynamiques : les résultats très corrects du Parti socialiste (PS) dans ses bastions ainsi que la percée de La France insoumise (LFI) dans de nombreuses moyennes et grandes communes. La réalité arithmétique est là : en s’alliant, les gauches auraient de fortes chances de conserver la plupart des grandes villes qu’elles détenaient. Et elles pourraient même en gagner.
À Lyon, les gauches se sont ainsi très vite parlé. « Il y a une tradition à gauche, c’est de faire l’union autour de la personne arrivée en tête », a lancé la députée candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi au soir du premier tour. « La lutte contre l’extrême droite nous oblige à la responsabilité », lui a répondu Grégory Doucet. L’accord a été officialisé dès le lendemain du premier tour. Ainsi, le maire sortant pourrait garder sa mairie et battre…
Auteur: Lucas Sarafian

