Le journaliste et chroniqueur Ibrahim Badra dénonce l’hypocrisie d’une trêve au cours de laquelle des Palestiniens sont encore tués par Israël, et des quartiers entiers visés par des bombardements. « Le cessez-le-feu n’est qu’un délai accordé dans le processus d’exécution », écrit-il.
Nos maisons sont devenues des ruines, les rues sont des cimetières. À Gaza, depuis que les forces d’occupation se sont emparées de 58 % de la ville et ont déplacé ses habitant·es, nous marchons avec les pieds qui tremblent et le cœur lourd. Nous portons nos souvenirs sur nos épaules comme des cercueils silencieux, et avançons sans savoir où notre destin nous mène. À part que la mort nous attend au bord du chemin.
Nous sommes devenus des cadavres ambulants, et chacun de nos pas est précédé du son des bombardements.
La ville a été détruite par des véhicules blindés, des avions de guerre et ces bombardements aveugles, elle est démolie pierre après pierre, sous les yeux du monde entier. Cette dévastation n’est pas une scène éphémère, mais le vrai visage de ce que Gaza endure sous l’occupation. Ce que le monde présente comme une « trêve » n’est rien d’autre qu’une mascarade.
Depuis que le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre, il n’a fait que dissimuler les agressions qui se poursuivent. Plus de 282 violations en ont été recensées en un mois seulement. 242 personnes sont mortes. 632 ont été blessées. Des maisons, des infrastructures sont détruites, laissant des civils sans abri.
Ces chiffres montrent bien que la trêve n’est qu’une illusion vide de sens, n’offrant que de fragiles promesses. Les avions de combat continuent de survoler la région et les obus pleuvent, laissant les Gazaoui·es pris·es au piège entre la mort et le désespoir.
© Illustration Simon Toupet / Mediapart
Sur terre, dans les airs et dans la mer, tous les types d’armes sont utilisés sans pitié. En l’espace…
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