À Gaza, une enfance en mode survie malgré le cessez-le-feu

Depuis l’annonce de la trêve, il y a un an, plus de 340 enfants ont péri et des centaines d’autres ont été blessés. Quelque 60 000 ont perdu un parent, parfois les deux, pendant la guerre ou depuis le cessez-le-feu.

Pour ces enfants, la guerre se prolonge dans les épreuves du quotidien. À 16 ans, Norhan assume déjà des responsabilités d’adulte. Récemment rencontrée par une équipe de l’UNICEF, l’adolescente s’occupe de sa petite sœur Narjis, âgée d’un an.

Leur mère, touchée par une balle alors qu’elle était enceinte de huit mois, a donné naissance à Narjis avant de mourir le lendemain.

Leur père, en situation de handicap, ne peut faire face seul aux besoins de la famille. Alors Norhan fait le ménage, prépare les repas et veille sur le bébé. Sa propre enfance passe au second plan.

800.000 enfants toujours déplacés

L’histoire de Norhan illustre ce que les chiffres ne suffisent pas à montrer : malgré le cessez-le-feu, les enfants de Gaza sont encore loin d’avoir retrouvé une enfance normale.

« Pour les familles qui pleurent la perte de leurs enfants, ces terribles statistiques ne correspondent pas à l’idée que la plupart des gens se font d’un cessez-le-feu », rappelle Ricardo Pires, porte-parole de l’UNICEF.

Dans un rapport publié ce vendredi, l’agence décrit une catastrophe qui se prolonge loin des bombardements. Quelque 800.000 enfants restent déplacés, souvent contraints de vivre sous des tentes ou dans des bâtiments endommagés. 

Si l’aide humanitaire circule davantage et que la sécurité alimentaire s’améliore, le quotidien reste un combat : trouver un abri, manger, retourner à l’école, jouer sans peur et grandir sans ceux qui ne reviendront pas.

Toutefois survivre à Gaza ne signifie pas uniquement tenir face aux privations et aux dangers. C’est aussi tenter de préserver un avenir, grâce à l’entraide familiale et à une école qui reprend peu à peu ses droits.

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Auteur: Nations Unies FR