Basta! : Depuis plusieurs mois, vous participez à la préparation de la prochaine campagne municipale des Écologistes, à Grenoble. Vous êtes officiellement candidate à la candidature pour en devenir la prochaine maire. Pourquoi vous engager en politique aujourd’hui ?
Laurence Ruffin : La démarche se veut d’abord collective, nous sommes pour l’heure quatre volontaires à nous être proposés afin de porter ce projet pour les municipales de Grenoble en 2026. En ce qui me concerne, c’est le fruit d’un long cheminement.
J’évolue dans le monde coopératif depuis plus de vingt ans, et d’une certaine façon, je considère que j’ai toujours fait de la politique. À la Scop Alma, une société coopérative d’édition de logiciels que je préside depuis 2009, on a coutume de dire qu’on est « une petite République ». Nous avons une constitution, qui organise les grands principes de la vie de l’entreprise.
En France, notre société compte aujourd’hui 115 salariés, qui sont tous associés : cela veut dire que chacun vote et participe aux prises de décisions concernant la trajectoire de l’entreprise. Le mouvement coopératif porte un projet de société puissant qui redéfinit complètement la valeur du travail. Alors que la France est souvent mal classée en Europe en termes de conditions de travail, la démocratie en entreprise est un levier concret pour transformer notre rapport au travail. Gouvernance partagée, transparence, lieux de débat, autonomie, reconnaissance, ancrage territorial, virage écologique, etc., on y défend aussi une tout autre répartition des richesses.
Chez nous, par exemple, l’écart des salaires est de 1 à 2,4. Et on ne peut être ni revendu ni délocalisé. Ce sont de vrais facteurs de responsabilisation et d’émancipation des salariés-citoyens. Le mouvement coopératif n’a pas choisi par hasard son slogan : « La démocratie nous réussit ! » Ce souci du collectif et du faire-ensemble…
Auteur: Barnabé Binctin

