Coincée entre une cimenterie, une concasserie de gravats, un champ d’agriculture intensive, un échangeur d’autoroute et une voie ferrée, l’aire d’accueil pour gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, en banlieue proche de Lille (59), abrite plus de 200 personnes. Les caravanes y sont installées sur une chape de bitume découpée en 25 emplacements, avec quelques sanitaires vétustes mis à disposition. Pour se rendre sur place, il faut traverser une zone industrielle, loin du centre-ville, des commerces et des services essentiels. « On nous cache », s’agace Sue-Ellen Demestre, directrice de l’association Da So Vas, qui lutte contre le racisme et pour l’habitat digne des gens du voyage.
Certains n’ont pas d’autres choix que de s’installer ici, sans sanitaires ni bennes à ordures.
S-E. Demestre
Depuis l’axe routier principal, avant l’aire d’accueil, on distingue un parking immense entouré d’un mur de barbelés. Au milieu des nombreux détritus qui jonchent l’endroit, des enfants jouent avec des pneus usés entre les caravanes. Sue-Ellen explique : « L’aire est un peu plus loin, mais elle est surpeuplée. Donc certains n’ont pas d’autres choix que de s’installer ici, sans sanitaires ni bennes à ordures. »
Tout au bout du chemin, juste avant l’entrée de la cimenterie, on arrive enfin à destination. Un ballet incessant de camions et de bétonnières passe, en soulevant un épais nuage de particules à chaque passage. « C’est le temps idéal pour la poussière », glisse ironiquement Sue-Ellen, en se protégeant les yeux. La plupart des membres de sa famille vivent là depuis plusieurs décennies, avant même que l’aire d’accueil d’Hellemmes-Ronchin ne soit construite en 2006, lorsque le lieu ressemblait davantage à un terrain vague. À l’époque, cependant, ils voyageaient davantage et ne passaient que quelques mois de l’année sur…
Auteur: Thomas Lefèvre

