Invitée mardi au point de presse quotidien de l’ONU, Susan Ferguson, représentante d’ONU Femmes en Afghanistan, a dressé depuis Kaboul un constat d’une rare gravité : « Pour les femmes et les filles en Afghanistan, 2026 s’annonçait déjà comme une année extrêmement difficile. Désormais, avec le conflit au Moyen-Orient et les hostilités en cours avec le Pakistan, beaucoup font face à encore plus de traumatismes et de difficultés ».
La veille au soir, une frappe aérienne attribuée aux forces pakistanaises a touché un centre de soins pour personnes dépendantes dans la capitale afghane. « Beaucoup ont été tués et blessés », a-t-elle rapporté, évoquant une scène « dévastatrice » encore visible quelques heures plus tard. La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a confirmé dans un communiqué que l’attaque avait visé l’hôpital Omid, faisant des dizaines de victimes. La mission onusienne rappelle qu’« en vertu du droit international, les attaques contre les hôpitaux et les installations civiles sont strictement interdites ».
Depuis fin février, l’Afghanistan se retrouve pris dans une double spirale : à l’ouest, la guerre déclenchée par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ; à l’est, une escalade militaire avec le Pakistan, qui accuse les talibans d’abriter des combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe armé soupçonné de mener des attaques meurtrières sur le sol pakistanais. Échanges de tirs, frappes aériennes pakistanaises et fermetures de postes-frontières se multiplient. Selon la MANUA, au moins 76 civils ont été tués et 213 blessés dans ces violences avant même le bombardement de lundi à Kaboul.
Déplacements à répétition, vies disloquées
Dans l’est du pays, les chiffres disent l’ampleur du choc. Plus de 64 000 personnes ont été affectées par l’escalade militaire dans quatre districts frontaliers, « un peu plus de la…
Auteur: Nations Unies FR

