« Koupiansk invaincue vous souhaite la bienvenue », lit-on sur un grand panneau, visible sur la route qui mène à cette ville du nord-est de l’Ukraine, à 170 km de Kharkiv. Occupée dès les premiers jours de l’invasion russe en février 2022, Koupiansk avait été libérée en septembre de la même année par les Ukrainiens. Aujourd’hui, la phrase semble périssable en raison des avancées russes ces dernières semaines : la ville se trouve à 2,5 km du front.
Béret enfoncé sur la tête, Lioubov, 62 ans, a dû « tout abandonner ». Sur la rive gauche de Koupiansk, de l’autre côté de l’Oskil, qui sépare la ville en deux, elle a dû laisser son appartement, sa datcha et la maison de ses parents endommagée par un tank. Mi-octobre, les autorités ukrainiennes ont demandé aux habitants d’évacuer.
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Des 27 000 habitants présents à Koupiansk avant la guerre, il en reste moins de 3 000 aujourd’hui, dont 1 100 sur la rive gauche, d’après le chef de l’administration militaire de la ville. Une rive constamment bombardée et où les habitants sont désormais privés d’eau, de gaz et d’électricité, d’après les autorités. Lioubov, elle, a fui le 19 octobre sur la rive droite dans un appartement qu’elle avait acheté pour sa fille, depuis exilée en Pologne.
Le salon est sombre à cause des panneaux en liège sur les fenêtres. Par terre, des bouts de verre que Lioubov n’a pas ramassés, vestige d’une attaque récente. Près d’une chaise dont l’assise a disparu, des sacs de vêtements et une Bible poussiéreuse, « une relique familiale du XVIIe siècle ». La femme se baisse et ramasse des tee-shirts sur lesquels sont imprimés : « Rosgvardia » et « OMON »,…
Auteur: Pauline Migevant

