En octobre dernier, la communauté internationale réunie à Cali, en Colombie, n’avait pas réussi à trouver un accord financier lors du sommet mondial pour la biodiversité (COP16). Quatre mois plus tard, c’est chose faite à Rome : le 27 février, les 154 pays présents sont parvenus après deux jours de discussions à des compromis pour la défense de la nature.
Adopté au sein du siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’accord entend notamment établir un plan de travail sur cinq ans, débloquer les fonds nécessaires et mieux distribuer l’argent aux pays en développement. Le but à terme est de mobiliser au moins 200 milliards de dollars (191 milliards d’euros) par an d’ici 2040, dont 30 seraient destinés aux pays en développement.
Il s’agit d’un élément crucial pour atteindre les objectifs fixés par le cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal d’ici à 2030. Parmi ceux-ci, figurent la protection de 30 % des mers et des terres ainsi que la restauration d’un tiers des écosystèmes dégradés. « Nous avons donné des bras, des jambes et des muscles à l’accord de Montréal » signé en 2022, a salué Susana Muhamad, la présidente de la COP16 et ministre colombienne de l’Environnement sortante, en frappant le coup de marteau final.
Frictions entre pays
En France, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a fait part de sa satisfaction, évoquant « une victoire politique contre tous ceux qui veulent nous faire croire que la coopération internationale ne fonctionne pas pour défendre l’environnement. C’est tout le contraire, cette coopération internationale produit des accords et des résultats ».
Difficile, toutefois, de savoir si les contributions à ce fonds, uniquement volontaires, seront significatives. Cette décision financière, élément central…
Auteur: Sarah Krakovitch

