Bakou (Azerbaïdjan), reportage
Torses bombés, mentons fiers, muscles tendus et regards défiant un adversaire invisible. La protocolaire photo de classe des « leaders » restera comme l’une des instantanées de ce début de COP29, en Azerbaïdjan. Des dizaines de chefs d’État, vice-présidents et princes héritiers, en rang d’oignons dans leur cravate ajustée, se sont figés une poignée de secondes devant les flashes du monde entier. Des dizaines d’hommes pour à peine une poignée de femmes.
Les 12 et 13 novembre, lors du « Sommet des leaders », seules 9 dirigeantes ont tenu une allocution devant la plénière « Nizami » de Bakou. Leurs homologues masculins étaient, eux, 73.
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Cette absence criante de parité en diplomatie internationale se traduit-elle aussi dans les coulisses de cette 29e édition de la Conférence des parties sur le climat ? Reporterre a épluché la liste des personnes accréditées. Un tableur Excel aux dizaines de milliers de lignes, publié le 11 novembre par les Nations unies.
Enseignement n°1 : l’autocrate du pays hôte a quelque peu forcé le trait en déclarant l’avant-veille avoir dénombré 72 000 participants. Aux yeux de l’Organisation des Nations unies (ONU), il y en aurait en réalité 52 000 personnes, soit 20 000 de moins. Et enseignement n°2 : seuls 39,6 % d’entre eux sont des femmes.
L’Azerbaïdjan invite principalement… des hommes
« Ces statistiques sont vraiment dérangeantes, déplore Judit Szoleczky, du réseau international d’ONG écologistes Inforse. Les femmes sont plus vulnérables au changement climatique que les hommes. Leur parole doit être entendue. »
Dans les travées du Stade olympique de Bakou, cette exclusion genrée inquiète : « Au Nigeria, les tâches domestiques sont encore bien souvent confiées aux femmes. Avec la…
Auteur: Emmanuel Clévenot

