À la COP29, la voix d'une autochtone étasunienne contre l'industrie fossile

Bakou (Azerbaïdjan), reportage

Une étoile solitaire, dans un océan de conformisme. Là où partout se frôlent, se bousculent et serpentent des tailleurs sombres et des cravates impeccables, Casey Camp-Horinek, elle, semble défier le temps et les modes. Vêtue d’une simple laine verte, elle porte à son cou un collier aux centaines de perles, dont elle tait le caractère sacré. De ses yeux sombres s’enfuient les traits rougeâtres d’un maquillage ancestral. L’activiste climatique arbore ses 76 années comme une couronne, tissée de plaies indélébiles. Elle incarne, dans le bain de modernité qu’est celui de la COP29, la résistance et la mémoire vivante d’une civilisation presque oubliée : la nation des Poncas.

Il y a bientôt 150 ans, cette tribu de l’ethnie Sioux a été chassée de force par les autorités étasuniennes. Contraint d’abandonner leurs terres natales de l’actuel Nebraska, ce peuple a été déplacé vers l’Oklahoma. En 1879, leur chef Standing bear — « l’ours debout » en français — est entré dans l’Histoire en obtenant lors d’un procès la reconnaissance inédite par la Cour de justice étasunienne qu’« un Indien est une personne ».

Aujourd’hui, une autre menace pèse sur les quelques milliers d’âmes de cette communauté : l’extraction d’énergies fossiles. « L’industrie des hydrocarbures détruit la terre, l’air et l’eau, déplore Casey Camp-Horinek, élue autochtone. Et comme nous en dépendons, elle nous tue avec. »

Appel à la rébellion

À Ponca City, une raffinerie du géant Phillips 66 transforme du pétrole brut en essence, diesel et autres carburants, que des camions, trains et pipelines acheminent dès lors vers le Midwest. « Avec les fuites de méthane, la rivière est souillée et pleure d’observer les poissons mourir, poursuit la femme dont quelques plumes blanches ornent la chevelure….

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Auteur: Emmanuel Clévenot

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