En 1884, la cocaïne produit une « révolution » dans l’histoire de la médecine : pour la première fois, il est possible, grâce à cette substance, de pratiquer des anesthésies locales, et les dentistes vont particulièrement bénéficier de cette découverte.
En cette fin du XIXe siècle, aller chez un ou une dentiste reste un moment angoissant et douloureux. On peut par exemple se rendre compte de la terreur qui saisissait les patients et patientes lors des extractions de dents grâce aux observations d’Henri Rodier en 1890 dont voici quelques extraits :
Femme de 26 ans : « Malaise général à la vue de l’instrument. Larmes, sanglots. Attaque d’hystérie légère. Yeux convulsés. Pupilles contractées. Jambes paralysées et insensibles. Pouls, 116. Respiration forte avec contraction et dilatation alternatives des narines. »
Femme de 22 ans, couturière : « Sueurs profuses. Grande émotion. Pleurs. Anéantissement et trépidation générale. Jambes paralysées. Angoisse précordiale. Pouls accéléré. »
Homme de 32 ans « très faible » : « Agitation. Poitrine serrée, angoisse précordiale. Sueurs froides. Tête lourde, étourdissement, envie de vomir. »
Cette spécialité a encore une forte aura de charlatanisme. Il n’existe pas d’école pour former les futurs dentistes, pas non plus de diplôme obligatoire. Dans ces conditions, n’importe qui pouvait se déclarer dentiste.
Gallica

Cabinet des estampes/BNF
Un diplôme de chirurgien-dentiste existait bien depuis 1699, mais la plus grande partie de la population ne pouvait pas se payer les services de ces spécialistes.
Dans l’imaginaire collectif d’ailleurs, la population ne faisait pas de distinction entre les…
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Auteur: Zoë Dubus, Post docorante en histoire de la médecine, Sciences Po

