À la grande Aya Nakamura, la patrie reconnaissante ?

Aya Nakamura aurait été pressentie pour chanter Édith Piaf lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. De cette rumeur, pas encore confirmée, est né un scandale qui a bouleversé les réseaux sociaux, les médias et les débats politiques.

Résumons : Aya Nakamura serait indigne, sondages à l’appui, de représenter la France pour cet événement planétaire. Arguments : Aya ne serait rien à côté d’Édith Piaf, présentée comme le monument national de la chanson ; ne saurait pas chanter ; ne chanterait ni en langue française ni en une langue intelligible par quelque humain ; ne saurait légitimement incarner l’image de la République. Enfin, plus directement, plus violemment : elle aurait davantage sa place sur le marché de Bamako, une allusion sans ambages aux origines de la chanteuse, passant sous silence les origines modestes et kabyles de la grande Piaf.


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Au premier abord, la situation est simplement risible, vaine et sans intérêt au vu du succès national et international de la chanteuse. Cependant, ce qui frappe, ce sont les ressorts racistes, classistes et sexistes de l’affaire. Pour qui sait et peut ouvrir les yeux sur la polémique inique et si révélatrice, il est évident que des enjeux de race, classe et genre sont à l’œuvre.

Le trio gagnant de l’intersectionnalité se déploie dans la seule personne d’Aya Nakamura, qui est née au Mali et a grandi à Aulnay-sous-Bois, dans ce département de la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre, le plus multiculturel, multilingue, plurinational de l’Hexagone. Mais très certainement celui qui a démontré une inventivité et une créativité culturelles avec lesquelles seuls les territoires dits d’outre-mer sont en…

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Auteur: Maboula Soumahoro

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