À quoi bon (?) pourrait-on se dire. À quoi bon pousser un cri au milieu du vacarme des machines ? Un cri, c’est pourtant ce que Joseph Ponthus adresse comme un défi à l’enfer du travail à l’usine agro-alimentaire, avec son livre À la ligne, feuillets d’usine. Un récit autobiographique trop rare sur le monde ouvrier. Une œuvre comme un pavé jeté dans le rouage d’une machine, comme un hommage à ces femmes et ces hommes qui s’épuisent sur les lignes de production.
Ce témoignage qu’il présente sur la vie ouvrière en ce début de XXIe siècle étonnera son lecteur si celui-ci n’a jamais mis un pied dans ce monde déshumanisé qu’est le travail à la ligne de production. Loin, très loin du rêve de la « start-up nation » tant martelé à qui veut l’entendre et où le règne du tertiaire occulte les autres secteurs d’activité ; ce livre nous rappelle avec force qu’il existe encore en France une classe ouvrière, et notamment celle des ouvrier·e·s d’usine.
De khâgne à l’abattoir
Passé par hypokhâgne et khâgne, J. Ponthus devient travailleur social à Nancy puis en banlieue parisienne, où il co-écrit en tant qu’éducateur avec quatre jeunes de la banlieue de Nanterre un premier livre Nous… la cité, publié aux éditions de la découverte en 2015. La même année, il quitte l’Île-de-France et s’installe avec sa femme en Bretagne. Faute de travail en tant qu’éducateur spécialisé, l’auteur s’inscrit en agence d’intérim où on le redirige rapidement à l’usine agro-alimentaire. Ponthus devient alors un ouvrier intérimaire comme les autres, noyé dans la masse des travailleurs, mais avec une particularité : son « bagage » littéraire.
Je n’y allais pas pour faire un reportage
Encore moins préparer la révolution
Non
L’usine c’est pour les sous
Un boulot alimentaire
Apollinaire, Dumas, Marx, pour la littérature, ou encore Trenet, Barbara et Brel pour la musique. En les…
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Auteur: Le Poing

