­À la Maison des métallos, des mineurs isolés se mobilisent pour leurs droits

« Moi, j’ai risqué ma vie pour venir en France, j’ai traversé la Méditerranée. Au final, c’est de la merde, oui je peux le dire. » Mame Thierno, un Guinéen membre du collectif des jeunes du parc de Belleville, arrivé il y a six mois, s’indigne. « Nos conditions de vie sont inacceptables, donc avec le collectif, on a jugé nécessaire d’occuper la Maison des métallos », ajoute-t-il. « Tous les jeunes présents ont déjà fait une demande de reconnaissance de mineurs isolés, et tous ont été refusés, s’exaspère Jeanne, un de leurs soutiens. Ils attendent depuis des mois leur réponse à leurs recours, en errant dans les rues de Paris sans aucune prise en charge. »

Avant le collectif, je dormais sous les ponts.

S. Salah

Dans ce lieu du 11e arrondissement parisien, symbole des plus grandes luttes sociales, il y a plusieurs salles : pour manger, dormir et se réunir. « Ça fait trois mois que je suis en France, je n’ai aucune famille alors maintenant, je suis avec le collectif sinon je dois dormir dehors », se désole Mamou, un jeune logé grâce au collectif. Une situation similaire à celle de Sidibé Salah, un ivoirien arrivé en février : « Avant que le collectif vienne jusqu’à moi, je dormais sous les ponts, c’est eux qui ont fait pression pour qu’on puisse dormir dans des gymnases. »

« Le droit à une vie digne »

Les jeunes peuvent entrer et sortir librement, il y a environ cent mineurs isolés qui dorment chaque nuit dans ce lieu. « Ici, les non hébergés peuvent rester la nuit, mais la plupart sont déjà dans des gymnases prêtés par la mairie », explique Elias, un autre soutien. « Mais ce n’est pas une solution pérenne, les jeunes ici viennent juste revendiquer leurs droits d’obtenir un lieu où ils peuvent dormir sans s’inquiéter de se faire virer du gymnase où ils sont », ajoute-t-il.


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Auteur: Léa Lebastard