Toujours aussi massive et rayonnante d’exubérance, la “Pride” se montre toujours aussi facile à récupérer par le pouvoir montpelliérain en place. Des activistes s’obstinent à le dénoncer.
Environ dix mille personnes ont pris part à la Marche des fiertés ce samedi 27 septembre à Montpellier. Ce rendez-vous n’a donc pas du tout souffert de son déplacement de date, après sa suspension, pour cause de COVID. Du reste, année après année, il n’y a rien qui ressemble plus à une “Pride” qu’une autre “Pride”, grand rituel festif contemporain auquel adhère fortement une ville qui n’a aucune référence traditionnelle (genre feria) à quoi se raccrocher.
On aura remarqué cette année une foule toujours aussi juvénile, cela dans des proportions écrasantes. Foule exubérante, colorée, joyeuse, dansante, où on sent la vague infuante des nouvelles postures queer. Cela se traduit par une diversification des bannières (l’arc-en-ciel doit composer avec des nuances chromatiques encore plus multiples. Egalement des codes vestimentaires et corporels refusant le binaire. Toutefois, il est à craindre que ces jeux de codes se tiennent fort timidement éloignés d’un engagement politique : on aura remarqué cent fois plus de têtes à mèches colorées que de participant·es au segment du cortège s’annonçant “Queer – Déter – Révolutionnaire !”
Du reste, la direction de cette marche, donne-t-elle un modèle d’action politique follement enviable ? Il y avait bien un thème donné à la Marche cette année : “Nos fiertés sont sans frontières”. Au Pays de Zemmour, Valls, Le Pen et Darmanin, c’est plutôt stimulant. Et cela valut la présence, dans les discours inauguraux, d’une très belle personne comme invitée d’honneur : Alice Nkom, Camerounaise, chaleureuse et rayonnante de détermination, luttant pour les droits des gays dans son pays, où ceux-ci encourent des peines de prison allant de six mois à cinq ans de prison.
Fin de la séquence. Le cortège s’assourdit ensuite de dance music plein tube, et le seul message perceptible est donc que toute cette foule, accompagnant les chars des associations communautaires à vocation principalement sociale et sanitaire, renonce à toute idée d’autonomie pour défiler derrière un rang d’élus et leurs proches en première ligne, ressemblant au cabinet du maire, un genre de Delafosse-block en cortège de tête (avec le premier marié gay de France obligé, le directeur du festival de danse, le sénateur jovial ceint de…
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Auteur: Le Poing

