« Depuis le 7 octobre au matin, toutes les prisons sont fermées au monde extérieur. Nous avons subi des humiliations et des violences physiques. Parmi nous, il y a des malades, des personnes âgées et des blessés. En raison des tortures infligées par les gardiens de prison, certains détenus ont eu des membres cassés, sans accès à des soins médicaux. Nous étions interdits de sortie dans la cour de la prison. Les gardiens effectuaient l’appel trois fois par jour, à 6 heures, à 10 heures et l’après-midi. Ils pénétraient dans les cellules, choisissaient au hasard trois ou quatre détenus et les frappaient devant les autres. Depuis le 7 octobre, les prisons sont surpeuplées en raison du grand nombre d’arrestations.
Les prisonniers transférés vers la prison de Gilboa (au sud de Naplouse) attendent dans une salle d’attente. Depuis leur arrivée jusqu’à l’entrée dans la cellule, ils sont maltraités tout au long du chemin. Des cellules émane une odeur nauséabonde de sang et d’urine. Un plat de riz est partagé entre cinq à six prisonniers. Chaque jour, une trentaine de prisonniers supplémentaires sont ajoutés, et, faute de place, nous dormons à même le sol, les matelas et les oreillers ayant été confisqués.
Les prisonniers sont confrontés à une brutalité sans précédent de la part des gardiens. Le directeur de la prison est ainsi entré dans les cellules, armé, et a menacé les détenus. Il est même allé jusqu’à frapper des personnes âgées, dont une souffrant de diabète. Il leur disait : « As-tu déjà vu un sanguinaire ? Eh bien, je suis un sanguinaire et je vais vous liquider tous. » Sans parler des attaques de chiens. J’ai personnellement été agressé trois fois par un chien. Lors des fouilles quotidiennes dans nos cellules, on nous obligeait à nous allonger par terre pendant deux à trois heures, pendant que le chien passait sur nous. Nous devions garder nos mains sur la tête et il nous était…
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Auteur: Pierre BARBANCEY

