Le quartier disciplinaire ou le « mitard » est le paroxysme de l’enfermement. À la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris, une des portes s’ouvre et laisse entrevoir un jeune homme. Il est dans cette cellule depuis 27 jours. À 28 ans, c’est son quatrième séjour en prison. Son anniversaire, il l’a passé ici, coupé du monde. Pourtant, il ne se lamente pas sur son sort alors que les conditions sont extrêmement sommaires : un lit, une douche, un bureau et une radio.
Sur le même sujet : « Il y a en France une passion d’enfermer »
Il explique s’être retrouvé ici pour avoir refusé de rentrer dans une chambre surpeuplée. « Je préfère être ici. On ne nous écoute pas, se plaint le jeune homme. Il y a des détenus avec qui je ne peux pas être, qui me font peur. » Il prend pour exemple l’affaire de Robin Cotta, 22 ans, égorgé par son codétenu le 9 octobre 2024 à la prison des Baumettes (Marseille), alors qu’il avait multiplié les alertes et demandé un changement de cellule.
Cette rencontre a été permise dans le cadre d’une visite parlementaire des députés de La France insoumise, Ugo Bernalicis et Danièle Obono. L’objectif, « visiter toute la prison et rencontrer des détenus », explique Ugo Bernalicis. Dehors, on ne parle que d’un seul nom, celui de Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis mardi 21 octobre pour associations de malfaiteurs dans l’affaire libyenne. Mais dedans, ce sont plus de 1 300 personnes qui s’y entassent.
Surpopulation endémique
Couloirs, sas de sécurité, gardiens et caméras : la visite suit son cours en présence du directeur, André Varignon, en poste depuis septembre et de…
Auteur: Maxime Sirvins

