Été 2026. Alors que les canicules se succèdent, l’écologie a fini par s’imposer dans les médias comme un sujet dont on ne peut plus faire l’économie. Quitte à en parler n’importe comment… Les exemples les plus emblématiques sont issus de la sphère Bolloré, dont les médias s’arc-boutent sur le sujet de la climatisation, au détriment d’une analyse des causes du dérèglement climatique. Mais au-delà du climatoscepticisme décomplexé de CNews, le manque de formation des journalistes fait aussi des ravages dans la presse quotidienne régionale, qui, avec la presse départementale, est lue par deux tiers des Français.
Le quotidien La Provence – détenu par CMA CGM et Rodolphe Saadé, deuxième milliardaire plus grand émetteur de CO2 en France – en est un exemple flagrant. Dans ses colonnes, La Provence cuisine volontiers « l’écologie » à toutes les sauces, que ce soit pour parler d’intelligence artificielle ou de l’aménagement des zones commerciales. Les sujets économiques sont de plus en plus souvent saupoudrés de termes comme « décarbonation », « transition écologique » ou encore « innovation responsable », tandis que la section « environnement » du journal regorge d’articles dithyrambiques sur des entreprises « engagées » qui « s’investissent pour la biodiversité », et leurs projets « zéro pollution ».
Mais sous couvert de parler d’écologie, le titre véhicule surtout un discours pro-business, défendant la compatibilité supposée de la croissance économique avec la protection de l’environnement : la « croissance verte ». Rarement fondée sur l’analyse objective de faits scientifiques, la couverture médiatique proposée par La Provence permet aussi d’écoblanchir des choix politiques et des secteurs économiques pourtant critiquables sur le plan écologique.
RSE partout, écologie nulle part
Parmi les titres de la presse régionale, La…
Auteur: Marion Moinet

