Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
Fully (Suisse), reportage
Bienvenue sur un balcon plein sud au cœur des Alpes suisses. C’est peut-être le grand jour. Celui où nous allons enfin la rencontrer. Une créature qui semble tout droit sortie des tropiques ou d’un conte merveilleux. Déjà, ce grand insecte porte une carapace bleue, comme maculée d’encre noire, avec d’interminables antennes courbes. Pas courant sous nos latitudes. Ensuite, cet animal répondant au nom poétique de rosalie des Alpes est difficile à observer, car il s’est raréfié et ses apparitions sont furtives.
Yannick Chittaro nous attend tout sourire, face à un panorama montagnard au ciel sans nuages. Le biologiste nous a donné rendez-vous ici, car les forêts y sont pleines d’arbres multicentenaires riches en cavités. Un décor parfait pour les coléoptères inféodés au bois mort, comme la rosalie.
Petit paradis
Quelle fournaise ! Il n’est pourtant que 9 h 30. « C’est un temps parfait pour observer cette amatrice de soleil, active durant les journées les plus chaudes de l’année, s’enthousiasme notre guide du jour. J’estime nos chances de la trouver à 50 %. » Ce grand brun connaît le coin presque comme sa poche, pour y avoir réalisé de nombreux inventaires entomologiques. Justement, nous rejoignons un secteur où il a déjà compté quelques rosalia alpina.
Sa petite voiture nous conduit cahin-caha sur une route caillouteuse. Filets, pièges à coléoptères et autres curiosités scientifiques secouent à l’arrière. Le chant des cigales se glisse à nos oreilles par les fenêtres entrouvertes.
« Ces forêts pentues et clairsemées réunissent les conditions idéales : difficiles à exploiter, elles abritent de vieux arbres qui sèchent sur pied grâce à une exposition maximale au soleil, analyse Yannick Chittaro alors que le paysage défile. Mais ce n’est pas tout, il faut des essences…
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