À la recherche des vies perdues

On nous avait annoncé une “accalmie” dans les tirs d’artillerie russes depuis quelques jours. C’est donc sans surprise qu’une averse d’obus nous tombe dessus à notre arrivée, obligeant notre ami et chauffeur local à redémarrer en trombe avant même que l’on puise sortir du véhicule. Après une petite boucle sur des routes défoncées, et alors que les explosions se font entendre tout autour, il repasse devant l’entrée du bâtiment agricole désaffecté, nous laissant tout juste le temps de sauter du véhicule et d’attraper nos sacs, pendant qu’un obus frappe la cour intérieure à côté de nous, soulevant un nuage de poussière mauvais pour la propreté du pare-brise de la Toyota et celle de ma peau de pêche.

C’est avec cette entrée fracassante, davantage remarquée que remarquable, que nous poussons la lourde porte de métal pour nous engouffrer dans un large entrepôt où une quinzaine de soldats ukrainiens nous regardent en silence, autant circonspects qu’amusés de voir deux français quelque peu hagards débarqués dans leur base. C’est également là que nous retrouvons Olga, dont notre dernière rencontre remonte à bientôt trois ans, alors que nous étions encore au Rojava.

Olga symbolise, avec une humilité déconcertante, l’engagement internationaliste de nombreux volontaires, civils ou militaires, qui comme elle ont rejoint les ukrainiens, et ce dès le début du conflit. Un engagement d’autant plus marqué, qu’Olga, comme nombre de ses camarades anarchistes, est biélorusse. Cette donnée est loin d’être anodine, pour des camarades qui, venus de Russie ou de Biélorussie, se condamnent à demeurer en exil. Appartenant à différents groupes, certains ont d’abord mené des actions de sabotage dans leurs pays respectif, faisant sauter des voies ferrées utilisées pour les convois militaires, avant de rejoindre l’Ukraine quand leur état de clandestinité était devenu trop compromis….

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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