Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), reportage
Cédric Arnaud a installé sa longue-vue à l’ombre d’un érable, au centre d’une clairière écrasée de soleil. Il ne lui faut pas longtemps pour l’orienter et retrouver ce qu’il cherche : un nid de circaètes Jean-le-Blanc, des rapaces, bâti sur un pin sylvestre. Une minuscule tête blanche, tout ébouriffée, apparaît dans l’objectif. L’oisillon déploie maladroitement ses ailes, avant de se tapir au fond du nid. « Il est très jeune, il doit avoir moins de trois semaines », murmure le naturaliste.
Nous sommes en juin 2026, en pleine période de nidification. Cette clairière, Cédric Arnaud y vient depuis qu’il a repéré un couple de circaètes nichant sur place, il y a plusieurs années. « Il m’a fallu cinq ans pour trouver le premier nid », raconte-t-il.
En 2018, le naturaliste a cofondé le Groupement pour la protection de la faune sud-alpine (GPFSA), aux côtés de Didier Freychet, ornithologue bénévole et spécialiste de l’aigle royal. L’association coordonne le suivi de plusieurs espèces de rapaces dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ses bénévoles parcourent le département pour recenser les nids. Puis leur localisation est partagée avec plusieurs partenaires, dont l’Office national des forêts (qui gère les forêts publiques), et le Centre national de la propriété forestière (qui coordonne la gestion des forêts privées).
Ce partenariat assez rare entre naturalistes et organismes forestiers vise surtout à protéger les espèces sensibles comme le circaète Jean-le-Blanc. Car le GPFSA émet aussi des préconisations environnementales, destinées aux professionnels qui interviennent en forêt, pour leur permettre d’adapter leurs activités à la présence des nids.
Adapter les chantiers pour protéger les nids
En cette chaude après-midi de juin, Stéphane Nalin, technicien territorial au Centre national de la propriété forestière (
Auteur: Louai Barakat, Lyse Mauvais
