Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
Ce matin du 11 juin, le véhicule du Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca) est remué par le sol caillouteux. Au volant, Camilla Crifò, coordinatrice du projet Life SOS Criquet de Crau, rappelle l’objectif de l’opération : « Nous allons chercher les criquets en marchant côte à côte tous les trois dans un périmètre de 10 ha. » Le terrain militaire abrite un coussoul — nom donné à l’habitat semi-aride de la Crau, recouvert à 70 % de galets — qui accueille une des trois dernières populations de criquets.
Ce dodu orthoptère de 4 cm est endémique de la localité éponyme. « Dès qu’un individu est détecté, on vérifie s’il est marqué. Si ce n’est pas le cas, on note son sexe et diverses informations puis on inscrit un numéro au feutre sur son dos », précise la chercheuse en poste ici depuis quelques mois.
3 criquets en 3 heures
Les foulées s’enchaînent et la rareté de l’animal se confirme encore. Heureusement, le paysage ravit les sens du naturaliste : flore originale, vue somptueuse sur la chaîne des Alpilles, vols de gangas catas et d’outardes canepetières — oiseaux emblématiques des lieux —, chenilles de sphinx de l’euphorbe…
Après plus de deux heures de marche, le « Là ! » de Camilla Crifò sonne comme la promesse d’une pépite d’or. Il s’agit d’une femelle non marquée. La biologiste saisit délicatement l’animal, incapable de voler du fait de ses ailes minuscules. Le criquet de Crau mise tout sur son mimétisme et se déplace de 20 à 50 m seulement dans toute sa vie. D’où la méthode de capture-marquage-recapture pratiquée ce matin.
« Que l’on rencontre un criquet déjà marqué ou un nouvel individu, cela alimente une base de données qui, une fois analysée, nous renseigne sur l’état de la population. Il faut juste recommencer suffisamment de fois…
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