Saint-Gilles (La Réunion), reportage
Ils sont neuf participants serrés sur les boudins d’un bateau pneumatique dans le port de la station balnéaire de Saint-Gilles, dans l’ouest de l’île de La Réunion. Avant de partir en mer pour observer des cétacés, ils reçoivent les dernières consignes de leur guide. « Dans sa vie, le but d’un dauphin ou d’une baleine n’est pas de voir des gens dans l’eau. Lorsqu’ils passent près de nous, ils ne doivent pas changer leur comportement », explique Emmanuel Antongiorgi, fondateur de Duocéan, une structure qui organise des sorties avec mise à l’eau des clients au contact de cétacés.
Dans cette seconde moitié du mois de juin, quelques baleines à bosse ont commencé à arriver dans les parages. Elles viennent chaque année se reproduire et mettre bas sur les côtes de cette île de l’océan Indien. Peu de chance d’en voir une, prévient donc le guide du jour, mais il assure avoir « 90 % de réussite avec les dauphins ». L’objectif est de pouvoir nager avec eux, équipé de palmes, d’un masque et d’un tuba.
Avant de partir, Emmanuel Antongiorgi, chapeau en cuir vissé sur la tête, dispense un briefing strict d’une vingtaine de minutes, alternant consignes et éléments didactiques pour cette sortie qu’il compare à un safari : « Le dauphin va nous scanner et, si vous êtes agités, il va nous contourner » ; « Dans l’eau, il faut qu’on fasse un vol d’oies sauvages » ; « Apnée interdite, car l’animal doit clairement identifier les limites de notre groupe » ; « Ne pas taper à la surface ».
Toutes ces indications correspondent aux besoins de l’observation dite passive, que le fondateur de Duocéan a contribué à mettre en place à La Réunion. Résultat de la sortie : plusieurs mises à l’eau réussies avec deux groupes de dauphins différents, des grands de l’Indo-Pacifique, puis des longs becs. Trente minutes après le…
Auteur: Baptiste Madinier

