Saint-André (La Réunion), reportage
Aux côtés de quelques-uns de ses semblables, un jeune puffin tropical tout juste échoué reprend des forces dans son cocon installé sous le soleil de Saint-André, à La Réunion. Dans sa nouvelle résidence, le centre de soin de la Société d’études ornithologiques de La Réunion (Seor), où l’on recueille, soigne, nourrit, sauve et protège tous types d’espèces, il sera progressivement remis sur pied, recevant chaque jour des soins adaptés et une bonne dose de tendresse.
Dans quelques jours, probablement, cet oiseau noir et blanc d’environ 31 centimètres de long, au bec effilé, aura retrouvé ses capacités et pourra rejoindre l’océan. En évitant, cette fois, les mastodontes lumineux.
Les ravages de la « barrière lumineuse »
« Quand ces juvéniles de trois mois et demi quittent leur nid pour aller en direction de la mer, ils sont confrontés à ce que l’on appelle la “barrière lumineuse”, due à l’urbanisation », explique Julie Tourmetz, responsable du centre de sauvetage de la Seor.
Ces éclairages, qu’ils soient publics ou privés, désorientent les jeunes oiseaux. N’ayant pas encore la vue totalement développée et volant plus bas que les adultes, ces oiseaux sont attirés par les lumières artificielles. Perdus dans les rues ou les littoraux éclairés artificiellement, ils ne peuvent repartir ni s’alimenter.
Le cas de ces petits puffins tropicaux, espèce indigène et protégée de La Réunion, est loin d’être isolé. Les pétrels de Barau, également menacés, les puffins du Pacifique et pétrels noirs de Bourbon sont aussi victimes des éclairages lumineux. Sur 2 500 puffins et pétrels récupérés chaque année, 500 d’entre eux ont véritablement besoin de soins à la suite de luxations, de troubles neurologiques ou encore de fractures. Les 2 000 autres sont simplement perdus ou étourdis et ne nécessitent que quelques heures ou jours de repos.
Au total, 3 000 oiseaux sont recueillis par le centre chaque année. Et le chiffre ne fait qu’augmenter. Deux périodes sont en effet particulièrement critiques pour les soigneurs : entre novembre et février, saison de l’envol des puffins tropicaux, et avril, période de l’envol des pétrels de Barau. Sauf qu’en janvier, le mauvais temps a fortement été présent. « Cela augmente la pollution lumineuse du fait des halos lumineux », explique Julie Tourmetz. Les oiseaux sont ainsi davantage désorientés.
Des nuits sans lumière
Pour mieux prendre en charge chaque oiseau échoué, le centre a mis en place un système de chaîne de sauvetage à travers des « postes relais » que sont les pompiers, les gendarmes, les vétérinaires et les commissariats. Chez eux, les…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Juliette Boffy Reporterre

