Sous le dôme étouffant de Belém, aux portes de l’Amazonie, António Guterres a une nouvelle fois sonné l’alarme. Devant les chefs d’État réunis pour la COP30, le Secrétaire général de l’ONU a appelé à « une action urgente » pour faire baisser la température mondiale et préserver la limite de 1,5 °C, pilier de l’Accord de Paris.
« Chaque fraction de degré supplémentaire signifie davantage de faim, de déplacements et de pertes — surtout pour ceux qui en sont les moins responsables », a-t-il déclaré. Un dépassement incontrôlé, a-t-il averti, pourrait « faire basculer des écosystèmes entiers au-delà de seuils irréversibles, exposer des milliards de personnes à des conditions invivables et amplifier les menaces sur la paix et la sécurité ».
L’échec à contenir ce réchauffement constituerait, selon lui, « un échec moral et une négligence mortelle ». Car, a-t-il rappelé, « chaque année plus chaude frappera les économies, creusera les inégalités et touchera le plus durement les pays en développement — alors même qu’ils ont le moins contribué à cette crise ».
« Un changement de paradigme »
Pour M. Guterres, après « des décennies de déni et de retard », la science est formelle : un dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C « au plus tard dès le début des années 2030 » est désormais inévitable. Mais « même temporaire, un tel excès provoquerait des destructions et des coûts bien plus élevés pour tous les pays », a-t-il ajouté, appelant à « un véritable changement de paradigme » pour en limiter l’ampleur et la durée.
Un avertissement confirmé par la directrice de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Celeste Saulo : les émissions de gaz à effet de serre atteignent aujourd’hui leur plus haut niveau depuis 800 000 ans. « De janvier à août, la température moyenne mondiale s’est établie 1,42 °C au-dessus des niveaux préindustriels, tandis que les océans ont atteint des…
Auteur: Nations Unies FR

