« Un glacier qui disparait, c’est une partie de notre humanité qui disparaît. »
C’est un crève-cœur pour les glaciologues et passionnés de montagne réunis ce jour-là. Le 3 septembre 2023, des chercheurs de l’International Glaciological Society (IGS), des membres de Mountain Wilderness France et des citoyens se sont réunis pour rendre un dernier hommage au glacier de Sarenne, à l’Alpe d’Huez, le premier glacier français à avoir été skié en 1969, aujourd’hui disparu.
« L’arrêt du ski d’été (dans les années 1990, ndlr) a été une première alerte », explique pour LeParisien le glaciologue François Valla (81 ans). « Je voyais bien qu’il allait mourir tôt ou tard. Par contre, je ne pensais pas voir ça de mon vivant. C’est allé beaucoup plus vite que prévu. »
Le chercheur François Valla avait un lien spécial au glacier, lui qui a dédié trente ans de sa vie à le mesurer. Étudié depuis 74 ans, le glacier de Sarenne était le plus vieux du genre à faire l’objet d’une observation continue.
« Des glaciers qui disparaissent, il y en a déjà eu, mais celui-ci a un caractère particulier qui en fait un glacier symbolique, car c’est en même temps une série de mesures très importantes qui disparaissent avec lui » précise Philippe Schoeneich, professeur de géographie physique à l’Université Grenoble Alpes, au micro de FranceBleu
Au début du siècle dernier, le glacier de Sarenne remplissait le vallon jusqu’à la crête et faisait une centaine de mètres d’épaisseur. Dans les années 80, il avait encore une épaisseur de plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à 80 par endroits. Mais localisé à seulement 3.000 mètres d’altitude, avec une exposition plein sud, sa fonte s’est dramatiquement accélérée ces dernières décennies.
Sarennes Glacier evolution thanks to IGN aerial imagery (Geoportail, via @Meteovilles )https://t.co/h2AEjGwZyM4/ pic.twitter.com/gAeAnOfJfX
— Melaine…
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Auteur: Laurie Debove

