Le jour où tout peut basculer. Le premier ministre est à peine renommé, son gouvernement vient d’être composé, l’examen du budget n’a même pas commencé. Mais Sébastien Lecornu est déjà menacé. Lors de ses consultations, il confessait être le premier ministre « le plus faible de la Ve République ». Prophétique. Ce jeudi 16 octobre, l’Assemblée examine les deux motions de censures déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Quatre jours après sa reconduction à Matignon, le « moine-soldat » du macronisme tremble déjà.
Car au milieu du chaudron parlementaire, il est un premier ministre mal aimé. Sa base est très fragile, le « socle commun » a déjà explosé en route la semaine dernière, lors de la composition de son premier gouvernement, et ses supposés soutiens, Édouard Philippe, Gabriel Attal, parmi tant d’autres, sont pétris d’ambitions. Mais depuis deux jours, Sébastien Lecornu peut respirer. Avec la suspension de la réforme des retraites annoncée lors de son discours de politique générale, le premier ministre a réussi à séduire les socialistes.
Sur le même sujet : Retraites : la suspension de la réforme, un moindre mal pour les macronistes
Aujourd’hui, le parti au poing et à la rose ne se voit pas faire tomber ce chef de gouvernement qui a redonné du pouvoir au Parlement en abandonnant le 49.3, ce premier ministre qui, selon les socialistes, leur a offert sur un plateau une victoire politique sur un totem du macronisme.
Situation intenable
Mais l’histoire n’est jamais écrite d’avance. Une vingtaine de députés à droite, au sein du groupe Liot et des frondeurs du Parti socialiste (PS) pourraient faire tomber Sébastien Lecornu et tout son gouvernement, ce 16 octobre. Et…
Auteur: Lucas Sarafian

