Mise en garde : cet article fait état de violences sexuelles. Sa lecture peut être difficile et choquante
« Je pensais être dans une école très au fait sur les sujets de violences sexistes et sexuelles. Désormais, je suis persuadée qu’elle se comporte comme n’importe quelle institution cherchant à préserver ses intérêts. » C’est avec de la colère et de l’amertume dans la voix que Pauline* raconte les deux derniers mois qu’elle vient de passer. Deux mois qui donnent à voir un aperçu de la procédure mise en place par la prestigieuse École normale supérieure (ENS) pour accompagner les victimes présumées de violences sexistes et sexuelles. Une procédure « qui a le mérite d’exister », mais qui est jugée « non-professionnelle », « sexiste » et « violente » pour plusieurs étudiantes interrogées.
Tous les prénoms suivis d’une astérisque ont été changés.
Pauline est une étudiante en histoire de 22 ans et est entrée à l’ENS depuis septembre. En novembre, celle-ci accuse Gabriel*, un ami normalien élève qu’elle fréquente depuis plusieurs mois, de l’avoir agressée sexuellement et violée (1).
En l’absence de condamnation, Gabriel est présumé innocent.
Pauline accuse Gabriel de l’avoir pénétrée le 3 novembre au soir alors qu’elle lui a dit « plusieurs fois » qu’elle n’avait « pas le temps » et qu’elle n’avait « pas envie », raconte-t-elle dans la plainte que Pauline déposera le 22 novembre. « Il force verbalement (…) et en même temps il commence à me déshabiller. Il enlève d’abord le haut, il se penche sur moi et…
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Auteur: Hugo Boursier

