Depuis toujours les révoltes des opprimés ont été stigmatisées par les élites dominantes les désignant comme émeutes, tumultes, explosions soudaines et incompréhensibles de foules confuses, haineuses, de masses anonymes sans chef ni tête, de bruits et fureurs terrorisant les honnêtes gens. Dès lors on parle de rage, de colère, de violences des « émeutiers » inexplicables et inexcusables. La disqualification de la révolte, la criminalisation des révoltés servant à légitimer leur répression. Regardons les évènements et les séquences rapides de cette révolte de fin juin 2023, en France, dite révolte des banlieues.
Le meurtre de Nahel, 17 ans, commis par un policier zélé et décoré, le matin du 27 juin 2023 à Nanterre, a mis les feux aux poudres dans tous les quartiers populaires de France. C’était l’énième assassinat commis par des policiers contre des personnes racisées vivant dans les périphéries urbaines. La goutte qui a fait déborder le vase. Nahel avait loué une puissante Mercedes et circulait dans les rues de son quartier avec deux copains de son âge, pour le fun, la frime, l’envie juvénile de profiter de la vie, parfois inconsciemment. Au-delà des circonstances précises de son interpellation, on peut émettre l’hypothèse que les policiers, conduisant des puissantes motos Yamaha 1200 de service et retournant chez eux le soir à bord de leur pauvre Clio, considéraient insupportable que trois jeunes rebeux puissent circuler avec une voiture de luxe.
Alors qu’une fois commis l’assassinat les policiers coupables se pensaient couverts par l’impunité, par l’immunité pénale conférée par l’Etat à leurs serviteurs en armes, leur version des faits (légitime défense, comme d’habitude) était rapidement invalidée par les images filmées par des passants. Ce qui a aussitôt fait monter la colère de la famille, des amis, des habitants des quartiers populaires de Nanterre et d’ailleurs….
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Auteur: dev

