À l’épreuve de la garde à vue : comment l’État tente de terroriser la jeunesse


«On a pas une seule interpellation qui se passe sans que les lycéens décrivent une insulte, une gifle, un maintien de la tête au sol, un étranglement»


Une répression jamais vue : l’État français terrorise des enfants qui revendiquent le droit à un avenir meilleur. Depuis le début du soulèvement lycéen, 7.950 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d’enfants. 6.773 mineurs ont donc été placés en geôles, privés de liberté. Les autorités organisent une véritable politique d’arrestations de masse, des rafles.

Plusieurs adolescent·es témoignent d’un stress post-traumatique après avoir été enfermé·es dans les cellules sales des commissariats. Mais la privation de liberté s’accompagne aussi de violences, à l’abri des regards, de la part d’agents qui laissent libre cours à leur sauvagerie. Quel type d’homme faut-il être pour s’en prendre à des enfants ?

Le 5 octobre 2026 à Montreuil. Une lycéenne de 16 ans passe 24 heures derrière les barreaux pour une inscription anti-police sur son ventre. Elle raconte avoir été arrêtée par des policiers en civil, alors qu’elle rentrait avec une copine. « Quand j’arrive au poste, on ne voit que ça mon ‘ACAB’. Les policiers rigolent, chuchotent entre eux, se moquent de moi. C’est vraiment un moment d’humiliation. En plus ils sont armés. Ça fait peur. » En théorie scander ou écrire ACAB relève de la liberté d’expression. L’adolescente ressort sans poursuite.

Des avocats qui assistent les mineurs témoignent des violences qu’ils subissent en garde à vue. Maître Florian François-Jacquemin confie à France Inter : « Des enfants nous rapportent des propos sexistes par les policiers, des enfants nous rapportent des propos racistes, des enfants nous rapportent des violences, que ce soit dans l’espace public, dans les transports vers le commissariat, parfois dans les locaux de garde à vue ».

Même son…

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Auteur: B