Beaucoup d’individus, dont la vision apocalyptique résiste à la raison et au débat méthodique, aimeraient nous faire croire qu’à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) l’information n’a plus aucune valeur et que le journalisme et ses acteurs deviennent obsolètes. Et pourtant, en analysant les enjeux et les défis scientifiques, économiques et sociétaux, on en capture des solutions à explorer qui constituent la matrice à construire dans l’objectif de protéger l’information véritable et de garantir son accès libre et généralisé. Contre toute attente, le journaliste est un élément essentiel de cette matrice dont le métier va immanquablement se transformer… grâce aussi à l’IA.
La question de la valeur du journalisme n’est pas récente. Deux décennies auparavant, la distribution de journaux gratuits puis la numérisation de l’information ont d’une certaine manière contribué à dévaloriser la presse et à affaiblir les journalistes au point de modifier notre rapport à l’information. En 2024, nous recevons de l’actualité en apparence gratuite sur nos téléphones portables via des notifications, alors que nous devions auparavant nous déplacer pour aller acheter le journal a fortiori tangible. Un changement de paradigme (1) dans l’accès à l’information s’installe alors dans notre société, dont la distribution de quotidiens gratuits à la volée dans la rue, vingt ans auparavant, n’était qu’un signal faible.
Un bouc émissaire
L’IA est à la fois une discipline scientifique et un ensemble de méthodes permettant de modéliser un phénomène dans l’objectif de résoudre un problème ou de répondre à une question. Embarquée dans de nombreuses technologies que nous utilisons au quotidien pour se déplacer, communiquer, se soigner, apprendre ou encore construire et créer, elle est pourtant aujourd’hui systématiquement associée – à tort – aux réseaux sociaux dans…
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Auteur: Aurélie Jean

