Alors que le procès de son assassinat le 15 octobre 1987 est encore en cours, Le Poing revient sur le parcours de Thomas Sankara, homme politique et militaire burkinabé. Et, surtout, sur le processus révolutionnaire dans lequel le Burkina Faso s’est engagé dans les années 80.
Thomas Sankara reste un leader révolutionnaire peu connu dans le monde occidental. A l’inverse, la jeunesse africaine, émigrée ou non, l’a porté au rang de symbole. D’un espoir de rupture des dépendances qui relient encore le continent aux anciennes puissances coloniales, d’un horizon pour une Afrique socialiste, mais aussi de la terrible violence du néo-colonialisme qui se sent menacé.
Alors que le procès de l’assassinat du “Che africain” le 15 octobre 1987 est encore en cours, petit retour dans les années 80 durant lesquelles s’est déployée l’expérience de la révolution burkinabaise.
Au début des années 80, la situation économique en Haute-Volta, comme dans le reste du Sahel (une bande de terres située au sud du Sahara, et qui présente un climat semi-aride de plus en plus hostile à l’agriculture) est désastreuse. A vrai dire, c’est un des pays les plus pauvres de la planète.
Le jeune militaire Thomas Sankara, qui s’est fait une notoriété pendant le conflit qu’on appelle “la guerre des pauvres” entre la Haute-Volta et le Mali en 1974, regroupe de jeunes officiers pour qu’ils puissent défendre leurs conditions de vie. Peu à peu l’initiative s’étoffera en véritable organisation clandestine au sein de l’armée, le Regroupement des Officiers Communistes (ROC).
Le début de ces années 80 connaît une forte agitation sociale : le syndicalisme en Haute-Volta est un des plus influents de tout le continent africain, et la Lipad (Ligue patriotique pour le développement) dans laquelle s’engage Sankara multiplie les publications de presse, conférences, et évènements tournés vers la jeunesse du pays.
En novembre 1980 un premier coup d’Etat succède à de grandes vagues de grève, et porte au pouvoir le Parti pour la démocratie et le progrès (PDP). Le nouveau gouvernement, dans lequel Sankara devient secrétaire d’État à l’information, n’a de démocratique que l’étiquette : une forte répression s’abat sur le mouvement syndical dont les dirigeants sont emprisonnés. Face à cette répression et à la multiplication des affaires de corruption impliquant des dignitaires du régime, Sankara démissionne.
Alors qu’un second coup d’Etat a lieu un peu plus d’un an après,…
La suite est à lire sur: lepoing.net
Auteur: Le Poing

