La bactérie Pseudomonas aeruginosa est particulièrement redoutée à l’hôpital, car elle s’attaque aux patients dont le système immunitaire est dégradé. De nouveaux travaux révèlent que ce dangereux microbe dispose d’un atout de taille pour assurer son succès : elle est capable de dégrader les plastiques pour s’en nourrir et mieux persister sur les surfaces qu’elle colonise.
La pollution plastique représente l’un des défis environnementaux majeurs de notre époque. Ces dernières années, des microbiologistes ont découvert des bactéries capables de dégrader divers types de plastique. Un jour, ces microbes « mangeurs de plastique » pourraient nous aider à faire diminuer les montagnes de déchets qui encombrent nos décharges et finissent dans les océans.
Si les microorganismes dotés de telles capacités suscitent l’espoir, ils peuvent aussi, dans d’autres contextes, être à l’origine de graves problèmes. C’est par exemple le cas de l’une des souches de la bactérie Pseudomonas aeruginosa que nous avons identifiée à l’hôpital, et qui est capable de dégrader certains matériels médicaux.
Des bactéries mangeuses de plastiques à l’hôpital
Les plastiques sont largement utilisés en médecine, notamment pour les sutures (en particulier les sutures de type résorbable), les pansements et les implants. Nous nous sommes demandé s’il pouvait exister, dans les hôpitaux, des bactéries capables de dégrader les plastiques.
Pour le vérifier, nous avons analysé grâce à des outils informatiques les génomes de différents microbes pathogènes connus pour être présents en milieu hospitalier, afin de déterminer si certains d’entre eux renfermaient des enzymes proches de celles dont sont équipées les bactéries de l’environnement capables de s’attaquer au plastique. Nous avons eu la surprise de constater que certains microbes hospitaliers en sont effectivement dotés, ce qui suggère qu’ils…
Auteur: Ronan McCarthy, Professor in Biomedical Sciences, Brunel University of London

