Lille (Nord), reportage
Au pied du beffroi de Lille, le retour du beau temps est le sujet d’actualité n° 1 en ce début du mois de mars — devant les élections municipales. Mais si la capitale des Flandres, fidèle à sa réputation, regorge de terrasses pour profiter du soleil, la ville a peu de grands parcs. Au Bazaar Saint-So, espace de coworking bâti sur le site de l’ancienne gare Saint-Sauveur — fermée en 2003 — un groupe déjeunant sur les palettes en bois acquiesce. « Les choses évoluent, mais c’est vrai qu’on manque d’espaces verts », dit une jeune femme. « Un parc ici, ça serait bien », ajoute son ami.
Sous les yeux du groupe attablé, une plaine de 23 hectares s’étend : la friche industrielle Saint-Sauveur, ancienne propriété de la SNCF. Un espace idéal pour créer un second poumon vert à Lille dans un contexte d’urgence climatique.
Depuis 2016, la mairie socialiste de Lille et la métropole européenne de Lille (MEL) prévoient la construction d’un nouveau quartier : 2 000 logements et 5 000 habitants en plus, 35 000 m² de bureaux, une piscine et un espace vert d’une taille de 3,7 ha nommé parc de la Vallée.
Ce projet d’aménagement est contesté depuis une décennie devant la justice par plusieurs associations locales. La mobilisation a retardé le projet, si bien qu’aujourd’hui, sur la friche, c’est le calme plat : pas de pelleteuses, juste le bruit lointain de la ligne aérienne du métro.
Les élections municipales des 15 et 22 mars prochain seront décisives pour le destin de la friche Saint-Sauveur, et la question de son avenir est l’un des grands enjeux du scrutin. Si la majorité socialiste conserve le beffroi, le projet sera en bonne voie. En revanche, si l’écologiste Stéphane Baly ou l’insoumise Lahouaria Addouche réussit à arracher la mairie, les cartes seront rebattues.
L’hypothèse de voir le PS dépassé sur sa gauche le soir du 22 mars est…
Auteur: Mehdi Laïdouni

