Après une semaine de tensions commencées lundi 14 juillet, la ville de Limoges (Haute-Vienne) a retrouvé ce week-end un calme précaire. La cité de la porcelaine a vécu des épisodes de violence inédits qui ont culminé dans la nuit de vendredi à samedi avec des jeunes cagoulés qui, à proximité du quartier populaire du Val de l’Aurence, ont bloqué la RN141 menant à Angoulême.
Une centaine d’individus armés notamment de battes de base-ball ont attaqué des automobilistes en circulation vers 1 heure du matin. « Certains véhicules étaient occupés par des familles, en présence d’enfants mineurs », a souligné le parquet dans un communiqué, disant avoir recensé huit plaintes portant sur une dizaine de victimes. « Aucun des automobilistes n’a été violenté physiquement. Pour autant, plusieurs sont particulièrement choqués. »
« Une victime explique avoir été forcée de sortir de la voiture, de vider ses poches, ce qu’elle a fait, et (les suspects) sont ensuite partis avec le véhicule », qui a été retrouvé plus tard incendié, a déclaré Émilie Abrantes, procureure de la République à Limoges.
« Guérilla urbaine »
Ces attaques ont été suivies d’affrontements avec les forces de l’ordre durant plusieurs heures. Cibles de tirs de mortier et de cocktails Molotov, elles ont fait usage de lanceurs de balles de défense (LBD) et de lacrymogènes. Ces heurts ont fait neuf blessés parmi les policiers dont huit souffrent d’acouphènes liés aux tirs de mortier.
« C’est une guérilla urbaine », a dénoncé Émile Roger Lombertie, maire (LR) de Limoges. « Ils sont organisés, structurés, c’est programmé, il y a un plan, un armement », a-t-il déploré. « Ce n’est pas une manifestation spontanée pour râler contre quelque chose. Il n’y a pas de prétexte. Rien. Il y a l’envie de détruire et de montrer que le territoire vous appartient », a-t-il insisté.
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Auteur: La Croix (avec AFP)

