L’avis de notre experte : la fin est aussi improbable que ce à quoi on peut attendre d’un livre dont on a pas su à quoi s’attendre dès le début.
Je voulais démarrer cette chronique avec une citation, mais chaque phrase de «L’étoile de mer» est une punchline décapante qui mériterait d’être citée. «Le printemps allait bientôt démarrer et je me sentais prête à sucer n’importe qui pour un CDI». «Les toilettes de la gare sont condamnées, j’espère qu’on y séquestre des patrons», j’en passe et des meilleures.
«L’étoile de mer», de Popier Popol nous livre pêle-mêle du drôle, de l’absurde, de la réalité crue, du pathétique, de la souffrance brute, et une critique acide. Le livre raconte le quotidien d’une trentenaire de Villeurbanne, une (anti)héroïne sans complaisance envers les autres ni, surtout (!), envers elle-même. La médiocrité comme lecture du réel, la seule lecture que nous donne notre société aseptisée, gavée, comme l’autrice, de burgers de chez Mc Donald’s et de CDD abrutissants, dans l’ombre des doubles écrans.
Bullshit job, chômage, bullshit job, chômage. L’indépendance qu’on est censé prendre en quittant le domicile familial n’est en fait qu’un transfert de dépendance financière des parents à celui du petit chef tyrannique qui nous permettra de payer le loyer d’un 25 mètres carrés miteux.
«À vingt ans, j’ai commencé à fumer parce que je voulais de toute façon me jeter sous un train». On sait où on met les pieds. Les lieux communs de la classe moyenne, la fête comme quête, ou bien fuite, ou les deux on ne sait pas, et puis on s’en fout. Les séances chez le psy qui donnent des conseils aussi insipides que sa coupe de cheveux. Les bruits de papier d’emballage des barres de céréales qui s’échappent d’un squat expulsé par la police. Comme les stations de métro qui s’enchaînent, grises et moites, Popier nous donne à voir des instantanés de vie…
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Auteur: B

