Guadalajara, la deuxième ville du Mexique avec plus de 5 millions d’habitants, s’apprête à accueillir quatre rencontres de la Coupe du monde masculine de football (du 11 juin au 19 juillet), dont une affiche Uruguay-Espagne, avec des milliers de touristes au rendez-vous. La capitale de l’État de Jalisco est mondialement connue pour la production de tequila, mais aussi pour une sombre réalité. Elle est l’épicentre d’une crise humanitaire : celle des disparitions forcées. Selon un registre officiel, plus de 130 000 personnes sont aujourd’hui portées disparues au Mexique. Un tiers de ces disparitions n’a fait l’objet d’aucune enquête.
Cet article fait partie de notre Grand FormatCoupe du monde 2026 : le cauchemar américain
Cette hécatombe est liée à la violence du crime organisé, entre recrutement forcé et assassinats. Elle interroge sur la responsabilité du gouvernement, à gauche au niveau national depuis 2018 (Claudia Sheinbaum a succédé à Andrés Manuel López Obrador en 2024). L’an passé, un représentant des Nations unies relevait que la disparition forcée était « pratiquée de façon généralisée ou systématique » au Mexique.
Au sud-ouest du centre-ville de Guadalajara, un rond-point avec une immense colonne, érigée initialement en l’honneur de martyrs tombés lors de la guerre américano-mexicaine (au château de Chapultepec, à Mexico, en 1847) a été rebaptisé par les associations « Rond-point des disparues ».
© STR

Une immense colonne est ainsi devenue un monument emblématique de Guadalajara, rebaptisée « Rond-point des disparues et disparus » (Glorieta de las y los desaparecidos). Des collectifs de victimes indirectes y collent régulièrement des affichettes, sous forme d’avis de recherche, avec les visages de disparues. Ces collectifs comptent se servir de l’événement planétaire que constitue la Coupe du monde pour…
Auteur: Florian Lefèvre

