« Des coupes importantes dans notre financement ne nous ont laissé d’autre choix que de réduire la taille de notre personnel », a reconnu lundi Tedros Ghebreyesus, à Genève. Derrière le bilan d’activités présenté au conseil exécutif de l’agence onusienne, c’est une transformation plus profonde qui se dessine, celle d’une OMS contrainte de repenser son modèle économique, son indépendance et sa place dans un écosystème mondial de la santé en recomposition.
Sur le papier, l’année 2025 a connu des avancées majeures, de l’adoption, en mai, de l’accord de l’OMS sur les pandémies, l’entrée en vigueur, en septembre, d’amendements au Règlement sanitaire international (RSI) pour la coopération face aux urgences de santé publique, ou encore une nouvelle hausse, au printemps, des contributions obligatoires des États membre de l’agence.
Mais, dans les couloirs de l’organisation, la réalité a été plus âpre. Les réductions brutales de l’aide bilatérale ont fragilisé des systèmes de santé entiers et provoqué des « perturbations majeures » dans de nombreux pays, a souligné le directeur général, rappelant que l’OMS n’était qu’« une partie d’un tableau bien plus vaste ».
Une indépendance encore inachevée
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prononce son discours d’ouverture lors de la 156e session du conseil exécutif de l’agence, à Genève.
Au cœur du discours, une conviction : la crise était annoncée. « Lorsque nous avons lancé la transformation de l’OMS il y a plus de huit ans, nous avions identifié notre dépendance excessive à une poignée de donateurs comme un risque majeur », a expliqué M. Ghebreyesus. Depuis, l’organisation s’est engagée dans une trajectoire visant à porter les…
Auteur: Nations Unies FR

