Pendant un quart de siècle, le VIH/sida a constitué l’un des rares sujets capables de transcender les lignes de fracture diplomatiques. Face à un virus qui a fait des dizaines de millions de morts dans le monde, la coopération internationale semblait relever de l’évidence.
Mardi, cette exception s’est fissurée.
Réunie à New York, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, par 149 voix, une nouvelle déclaration politique destinée à replacer l’élimination du sida au cœur des politiques de santé publique d’ici à 2030. Mais huit pays ont voté contre – les États-Unis, la Russie, Israël, le Burkina Faso, le Burundi, la Corée du Nord, le Niger et le Sénégal – tandis que 14 autres se sont abstenus, parmi lesquels neuf États du Moyen-Orient.
De toute évidence, les grandes batailles idéologiques qui marquent depuis plusieurs années les débats au sein des Nations Unies gagnent désormais le terrain des politiques de santé mondiale.
Le virus au second plan
Fait révélateur, presque aucun État n’a contesté les objectifs sanitaires de la déclaration. Tous s’accordent sur la nécessité d’améliorer la prévention, les traitements ou le dépistage. Les désaccords se sont exprimés ailleurs, au niveau des droits humains, du genre, de la propriété intellectuelle, des sanctions économiques ou encore des populations les plus exposées au VIH.
Premier bailleur mondial de la lutte contre le sida, à laquelle le pays affirme avoir consacré plus de 100 milliards de dollars dans plus de 50 pays, les États-Unis ont commencé par rappeler leur rôle historique.
« Nos efforts ont permis de sauver environ 26 millions de vies, d’offrir un traitement antirétroviral à plus de 20 millions de personnes et d’empêcher que plus de cinq millions d’enfants naissent avec le VIH », a souligné la représentante américaine, Tammy Bruce.
Puis le ton a changé.
« Nous regrettons qu’un consensus n’ait pas été atteint…
Auteur: Nations Unies FR

