À l’ONU, l’Afrique réclame davantage de poids dans l’ordre mondial

« Le monde de 1945 n’est plus », a résumé la première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka. Révolution numérique, transition énergétique, dérèglement climatique : les équilibres ont changé, a-t-elle fait valoir, mais les institutions chargées de les organiser restent « trop souvent le reflet d’un ordre qui n’existe plus ». Pour Kinshasa, le problème tient aussi à l’application du droit international. « Il ne peut en réalité y avoir de confiance durable lorsque la force de nos principes proclamés varie selon les peuples, les crises ou les circonstances ».

ONU Photos / Laura Jarriel
La première ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka, lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Du Sénégal au Niger, en passant par la Côte d’Ivoire, cette défiance envers un système jugé insuffisamment représentatif a traversé nombre des discours prononcés par les dirigeants africains à New York. Mais si le diagnostic rassemble, les réponses divergent nettement.

Réformer le système ou s’en affranchir

Le Niger a livré l’un des réquisitoires les plus sévères de la semaine. Son premier ministre, Ali Lamine Zeine, a dénoncé l’image entretenue, selon lui, d’une Afrique « condamnée » à dépendre de l’assistance internationale tandis que « ses richesses sont arrachées et/ou séquestrées au bénéfice d’autres agendas ». Il a accusé la France de chercher à maintenir son pays sous tutelle, décrit le terrorisme au Sahel comme une entreprise de « recolonisation » et dénoncé des institutions internationales devenues, à ses yeux, « des instruments d’un ordre mondial où certains peuples comptent et d’autres survivent ».

Le Mali a développé une critique voisine. Son ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a fustigé…

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Auteur: Nations Unies FR