Mahfooz Sarwary est réfugié. En Afghanistan, il travaillait comme analyste pour la sécurité nationale. Lorsque les talibans ont pris Kaboul, le 15 août 2021, ce criminologue de 34 ans a dû fuir son pays avec son épouse, avocate, et leurs trois enfants. Après un passage par Paris, la famille s’est installée à Vannes, dans le Morbihan, où vivait déjà un proche parent. « Je souhaitais reprendre mes études en France pour travailler dans le domaine du droit. Je parle déjà quatre langues, mais le français est sans doute la plus difficile », dit-il, dans un français désormais presque parfait.
Avec son épouse, Sunitra, il s’est inscrit à l’université de Bretagne-Sud, à Lorient, qui vient de mettre en place le diplôme universitaire (DU) « Passerelle » permettant d’acquérir en un an un niveau de français indispensable à la poursuite d’études en France. L’enseignement, intensif, permet d’obtenir en quelques mois le niveau B2 (« niveau avancé ou indépendant ») du cadre européen de référence pour les langues, allant de A1 à C2. « Nous avons créé le DU Passerelle après avoir rejoint, il y a un an, le réseau Mens (migrants dans l’enseignement supérieur), qui réunit près de 50 établissements de l’enseignement supérieur, et vise à agir en faveur de l’insertion académique de personnes exilées », explique Catherine Kerbrat Ruellan, vice-présidente.
Le coût annuel de ce 39e DU Passerelle (DUP), d’un montant de 27 000 €, est financé sur les fonds propres de l’université et à hauteur de 8 000 € par le réseau Mens. Celui-ci est une association dotée d’un budget annuel d’environ 100 000 €, financé à 60 % par des subventions du gouvernement et à 40 % par les cotisations de ses membres. Les huit étudiants de la première promotion de l’université de Lorient, originaires d’Afghanistan, de Russie, d’Ukraine et de Colombie, n’ont eu aucuns frais d’inscription à…
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Auteur: Raphaël Baldos, correspondant régional à Lorient (Morbihan)

