Cela fait maintenant 20 jours qu’un fasciste est mort, que l’extrême droite commémore et que l’Etat réprime. Quant aux organisations de gauche, elles se sont engouffrées dans l’impasse judiciariste en appelant à criminaliser les responsables de la mort de Quentin et la violence antifasciste. Nous, nous ne chercherons pas à savoir qui a porté le premier coup ou si le dernier était intentionnel. S’il s’agit d’un lynchage, d’une rixe ou d’un guet-apens. Ce n’est pas aux révolutionnaires de jouer le rôle d’OPJ ou de fact-checker.
Alors quel est notre rôle dans cette séquence ? En premier lieu, réaffirmer notre solidarité inconditionnelle avec tous les interpellés ainsi qu’avec tous ceux dans le viseur de la justice, qu’importe leur degré de culpabilité. Parallèlement, nous devons répondre à une nécessité qui se fait de plus en plus pressante à Lyon :
Repenser notre stratégie antifasciste
Avant d’avancer nos positions, il nous a paru nécessaire de revenir sur les grandes tendances qui ont traversé l’antifascisme lyonnais ces 15 dernières années. Il n’y a pas eu besoin d’attendre la mort d’un nazi pour voir l’extrême droite parader dans nos rues. Lyon n’est pas seulement une place-forte du fascisme, c’est un véritable laboratoire d’expérimentation politique. Le Bastion Social, les Jeunesses nationalistes et Génération identitaire ne sont qu’une partie de ses monstrueuses créations.
En réaction, l’antifascisme lyonnais a su gagner en force et revêtir des nombreuses formes parfois opposées, souvent complémentaires. Nous pouvons en dégager trois tendances stratégiques : l’antifascisme de mouvement, l’antifascisme institutionnel et enfin l’antifascisme de rue. Nous les divisons ici dans un objectif de compréhension. Mais en réalité, ces tendances s’affrontent autant qu’elles se mélangent lors d’actions ou au sein des groupes.
Pour un antifascisme de…
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