Un projet symbolique. Quatre-vingts ans après la libération du camp d’Auschwitz, le 26 janvier 2025, un mémorial de la Shoah devrait être inauguré près de la gare Perrache à Lyon. Cette métropole de la zone sud était rapidement devenue un haut lieu de la Résistance, du fait de la concentration des organes de direction de différents mouvements. C’est aussi là que fut arrêté et torturé Jean Moulin et que beaucoup de juifs, venus s’y réfugier, furent ensuite déportés.
Lyon fut aussi un des berceaux du négationnisme à partir de 1978, lorsque Robert Faurisson, alors professeur à l’université Lyon-2, nia publiquement l’existence des chambres à gaz. Elle fut, enfin, le théâtre du premier grand procès français d’un responsable nazi, Klaus Barbie, condamné pour crime contre l’humanité en 1987.
Un concours d’architecture lancé en 2023
« Cela faisait presque vingt ans que l’idée avait été lancée », rappelle le président de l’association pour l’édification d’un mémorial de la Shoah à Lyon Jean-Olivier Viout, vice-procureur général lors du procès Barbie. Grâce à une souscription publique et au soutien des collectivités, un concours d’architecture internationale avait été lancé en 2023, avec 96 candidats venant de 23 pays différents. « Le cahier des charges comprenait deux conditions, explique le président : le lieu d’abord, la place Carnot juste à côté de la gare d’où sont partis les convois ; l’inscription des noms des 6 millions de victimes de la Shoah ensuite, dont les 6 100 juifs de la région. »
Le 31 janvier, le jury constitué pour l’occasion a tranché en faveur du projet intitulé « Les rails de la mémoire », un mémorial conçu par le Studio Blaising et Borchardt constitué de 1 073 rails, comme les 1 073 km qui séparent la gare Lyon-Perrache du camp d’Auschwitz. L’association a symboliquement proposé à la SNCF d’offrir les rails.
« L’objectif…
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Auteur: Guillaume Daudé

