Les lieux touristiques sont-ils voués à devenir des décors de carte postale vidés de leurs habitants ? Le dimanche 26 juillet 2026, à Palma, capitale des îles Baléares, 70 000 personnes se sont soulevées contre le « surtourisme », ce modèle économique qui tend à considérer les locaux comme un obstacle.
Organisée par la plate-forme Menys Turisme, Més Vida (« Moins de tourisme, plus de vie » en majorquin), la manifestation portait une revendication claire : le droit de continuer à vivre dans l’une des destinations touristiques les plus prisées au monde.
« Nous affirmons que Majorque est à la limite : aux limites écologiques, territoriales et sociales, aux limites de la pression humaine et aux limites de la capacité de résistance de la population. Nous ne nous résignons pas à être expulsés de notre propre pays », explique le collectif.
Le tourisme de masse entraîne la multiplication des appartements touristiques, la flambée des prix, des plages bondées, des embouteillages, des services de base saturés et hors de prix, des quartiers et villages surpeuplés et la dégradation de l’environnement. Plusieurs banderoles ont été brandies avec des slogans tels que “Majorque n’est pas à vendre” ou “Je ne reconnais plus mon propre pays”.
« Une économie peut croître tout en détruisant les conditions qui permettent d’y vivre. La rentabilité de chaque mètre carré peut augmenter, tandis que son utilité sociale diminue. La richesse produite peut s’accroître, tout en empêchant une infirmière, un policier, un enseignant ou un serveur de se loger. Une destination peut offrir aux visiteurs une liberté de circulation extraordinaire, tout en contraignant ses habitants à partir. C’est cette réalité qui n’apparaît presque jamais dans les statistiques : une destination peut prospérer comme produit touristique tout en échouant comme société », explique l’économiste majorquin Julio Batle…
Auteur: Laurie Debove

