Marseille (Bouches-du-Rhône), reportage
Debout sur le pont d’un long voilier, une dizaine de personnes tapent dans leurs mains puis lèvent les bras vers le ciel. « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! » Face au bateau, sur le quai, d’autres manifestants chantent en écho le même slogan, scandé depuis presque deux ans dans les manifestations de solidarité avec Gaza.
Barque provençale décorée d’un keffieh, catamaran, grand voilier jaune… Les bateaux qui défilent devant les quelque 800 personnes rassemblées le 31 août devant le Mucem — le Musée des civilisations d’Europe et de la Méditerranée — de Marseille ont pour seul point commun d’arborer un ou plusieurs drapeaux palestiniens. C’est cette petite flottille hétéroclite qui constitue l’escorte, pour une heure ou deux jours, selon les embarcations, d’un voilier bleu ciel chargé de médicaments et matériel médical destiné aux Gazaouis.
Haytham, Palestinien de Jérusalem installé depuis peu à Marseille, a les yeux qui brillent. « Ça donne un peu d’espoir… On sent une connexion simple entre des êtres humains, sans stratégie politique. »
Les prises de parole des organisateurs du rassemblement commencent par une clarification. « Ce bateau ne va pas aller à Gaza, il va jusqu’à un point de ralliement en Méditerranée, où les autres bateaux du [mouvement] Thousand Madleens le rejoindront fin septembre », explique au micro Marie Chureau, militante écologiste (ex-Youth for Climate) et pour la justice sociale, membre de la coordination nationale de Thousand Madleens to Gaza, lancée il y a à peine trois mois. Elle précise : « C’est parti d’une idée simple, l’armée israélienne arrête 1, 2 bateaux. Mais si nous en envoyons des dizaines ou des centaines à la fois, est-ce qu’ils peuvent tous les arrêter ? »
Tout comme la Global Sumud Flotilla, l’objectif de cette initiative citoyenne est de briser le siège de…
Auteur: Nina Hubinet

